Patrimoine et corrida

Rassemblement à Jaude :

 

ce n’est qu’un début…

 

Le samedi 28 mai, La Griffe avait organisé un rassemblement de protestation contre l’inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel de la France, une initiative très discutable de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. La manifestation a eu lieu, comme prévu, place de Jaude à Clermont-Ferrand. Elle s’est déroulée en simultané avec la manifestation parisienne organisée par le CRAC Europe.

 

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Dès 14 h 15, nous étions une poignée à nous affairer sur le décor, le rassemblement ne devant avoir lieu qu’à partir de 15 heures. Un décor bien minimaliste, puisqu’il n’était constitué que de deux éléments : en fond, la magnifique banderole de La Griffe, dessinée par Dan, et, aux avant-postes, un panneau genre chevalet sur lequel on avait scotché force tracts et affiches, et qui était l’?uvre des deux bricoleurs de La Griffe, Marie-Claire et Guy.

Nous avions initialement prévu de nous installer au pied de la statue du remuant Vercingétorix dont le cheval semble à tout instant vouloir prendre les airs, mais la place était déjà occupée par Amnesty International qui fêtait son cinquantième anniversaire. Nous avons donc établi notre base au pied de la statue de Desaix, héroïque général d’Empire, qui fait face, à l’autre bout de l’esplanade, au non moins héroïque moustachu arverne.

 

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À 15 heures, les sympathisants étaient arrivés, et très vite, on comptait 80 personnes. Les discussions, les échanges allaient bon train. Et peu à peu, d’autres venaient grossir les rangs. Quelques adhérents de l’APA 63 étaient là aussi, avec leur présidente, Christine Espinasse. Des adhérents de La Griffe que nous ne connaissions que pour avoir vu leur patronyme sur notre listing venaient à notre rencontre et, enfin, nous pouvions mettre un visage sur leur nom, idem pour eux. C’était convivial et consensuel. Les gens semblaient heureux de pouvoir enfin s’exprimer contre quelque chose qui les révulse. Certains étaient même venus de l’Allier, ou du fin fond du département. On a distribué les dépliants mis en page par Claudine et les tracts que nous avait gentiment envoyés, à notre demande, Jean-Pierre Garrigues, l’un des responsables du CRAC Europe. À la hâte, Joëlle et Michèle avaient rédigé et imprimé des pétitions. Nous avons failli manquer de papier : 720 signatures ont été recueillies en deux heures ! C’est que, si nous étions en permanence une centaine, il y a eu beaucoup de mouvement. Les gens arrivaient, restaient un moment, repartaient, remplacés par d’autres… Un aficionado, trublion égaré, a essayé de mettre quelque désordre. En vain.

Nous avons été les derniers à quitter la place, après avoir rangé notre matériel. Il était environ 17 h 30. On n’a pas repéré beaucoup de représentants de la presse locale, mais La Montagne avait dépêché sur les lieux un photographe et une rédactrice et, le lendemain matin, dimanche 29, nous avions un petit article dans les pages départementales.

Nous estimons que cette manifestation a été un succès. Parce qu’elle a permis un regroupement de ceux qui considèrent que désormais, on ne peut plus faire l’économie d’une prise en compte de la condition animale. Parce qu’elle a permis que nous nous sentions forts, déterminés, solidaires. Même si nous avons appris par la suite que Frédéric Mitterrand n’avait pas l’intention de retirer cette inscription et qu’il était soutenu en cela par le Président de la République lui-même, Nicolas Sarkozy.

Mais le combat ne fait que commencer ! Il ne faut pas relâcher l’effort ! L’enjeu va bien au-delà du supplice et du meurtre des taureaux. C’est de l’attitude de l’homme envers l’animal qu’il s’agit. De son mépris pour cet « alter » qui nous ressemble pourtant beaucoup… Nous, nous savons que cette cause est juste, même si au sein de ceux qui la défendent cohabitent des visions différentes, voire parfois divergentes, de la considérer. Mais là, il n’y a pas la moindre question à se poser. La corrida doit être abolie ! Définitivement. De même que certaines formes de chasse, l’abattage sans étourdissement et autres pratiques dont la cruauté et l’inutilité ne font plus aujourd’hui aucun doute, et qui sont néanmoins protégées par la loi.

 

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Nous allons dès maintenant mettre sur pied d’autres actions. Le sens de l’Histoire parlera : nous serons de plus en plus nombreux à exprimer notre indignation, à être la voix des bêtes. Non, le supplice et le meurtre du taureau ne sont pas le seul enjeu. C’est du sens que nous donnons au mot « humanité » qu’il est question.

                                                                                                                                          Jeph Barn

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